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Africa Investment Forum 2023 : l’artiste Dotun Popoola fait le plaidoyer des jeunes africains laissés à leur sort

C’est aux Market Days au Maroc que le forum de l’Africa Investment Forum, plateforme unique fondée par la Banque africaine de développement et sept partenaires qui met en relations investisseurs (privés, institutionnels, etc.) avec des porteurs de projets gouvernementaux et privés, que le célèbre artiste nigérian s’est tenu pour défendre le désespoir des jeunes africains à cause de dirigeants qui ne répondent pas aux exigences de l’heure.

Fondateur de Popoola Studio, Dotun Popoola explique comment il développe l’économie du recyclage à travers ses créations. « Waste To Wealth » (des déchets à la richesse) est sa marque de fabrique, car cet artiste transforme la ferraille, les ordures en rubis et autres déchets en trésors, en réutilisant les déchets qui menacent l’écosystème.

« Le déchet de l’un est la richesse de l’autre… Je développe l’économie du recyclage », explique Popoola qui a fondé au Nigeria un musée des déchets qui « fonctionne très bien ».

Un marché croissant de l’art africain

L’Afrique dispose d’un énorme marché de l’art qui croît et a besoin davantage d’investissements. « Les hommes d’affaires modèlent le marché de l’art », a-t-il lancé aux investisseurs, banquiers et institutionnels venus assister à sa présentation en admirant des images de ses œuvres projetées à l’écran.

« Dans les ventes aux enchères, il y a beaucoup de monde. Il faut qu’on ait des espaces normalisés en Afrique », soutient-il.

Son principal défi, continuer de former des jeunes artistes africains pour leur permettre de gagner leur vie et de rester sur le continent au lieu d’emprunter les chemins incertains et tortueux de l’émigration. « L’Afrique est une mine d’or. Malheureusement il y a une fuite de cerveaux. J’ai un ami qui a quitté le pays, aujourd’hui, il construit ailleurs des composants pour moteurs d’avion. Le marché de l’art a un potentiel en Afrique qui est souvent ignoré. On doit l’exhumer », poursuit-il.

« Le mentorat est toujours important pour moi, j’essaie naturellement de partager mes connaissances. L’Afrique a des artistes qui peuvent créer. Ça ne coûte rien, ça sauve l’environnement et ça permet à des jeunes de gagner leur vie. J’ai formé 300 ou 400 personnes…Je souhaite mille Popoola au Kenya, en Ouganda, partout en Afrique. Si je forme les jeunes à cet art, je suis certain qu’ils pourront créer des richesses pour leur propre pays. Imaginer qu’il y ait 1000 Nigérians qui font cela, non seulement cela dépolluerait l’environnement mais aussi créerait des emplois », soutient l’artiste. Ses œuvres sont mondialement connues de Dubaï à New York ou Tokyo, en passant par Lagos ou Bombay, etc.

Aux nombreux investisseurs, banquiers, institutionnels qui participent à l’Africa Investment Forum 2023, Popoola a eu ces mots : « Il y a de nombreux jeunes Africains qui produisent très bien. C’est un voyage très long. Je ne peux pas le faire seul. J’ai besoin de votre appui pour élever le chaînon de l’Afrique. J’ai besoin des banques, des investisseurs, de partenaires pour continuer de rêver ».

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